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5 ans après l’appel des internautes territoriaux

mercredi 6 août 2003, par Dominique Filatre, Philippe Batreau

Cinq ans après, il est temps de redonner un coup de baguette.

Nous relançons le site d’AIT avec de nouveaux moyens techniques, une petite expérience, et dans un contexte qui a évolué depuis 5 ans. Eh oui, près de 5 ans déjà !

L’appel des internautes territoriaux n’a pas pris une ride, tout juste peut-on dire que les Techniques d’Information et de Communication ne sont plus Nouvelles. Nous avons été un peu surpris de l’arrivée immédiate de nouvelles signatures de ce texte, ancien de 5 ans, dans la nouvelle version du site. Mais au fond, c’est juste ! et cela peut parfaitement illustrer ce qui a évolué et ce qui bouge trop lentement :

- en premier lieu, les mentalités par l’extension des pratiques. On ne pose plus de question métaphysique sur l’opportunité de laisser un message sur la toile avec son nom !

- la technique aussi. Grâce à SPIP et aux autres outils de co-publication en ligne, nous pouvons faire plus facilement un site avec de petits moyens, une meilleure mise à jour et plus d’interactivité - tiens, voilà un mot qui cesse d’être à la mode à mesure qu’il devient une réalité !

Les questions techniques deviennent puissamment politiques. Depuis 5 ans, le logiciel libre a fait du chemin, il est en train de passer le rubicond des développeurs et des informaticiens savants. L’AIT utilise SPIP, les webmestres des collectivités peuvent en faire autant.
Et surtout l’utilisateur lambda peut maintenant prendre part à la fête :

- en installant Linux sur sa machine personnelle avec les suites bureautiques tout aussi libres ;
- et au bureau, même si nos collectivités publiques sont et resteront encore longtemps dépendantes de Microsoft avec les logiciels métiers conçus pour l’environnement Windows, n’importe qui peut implanter Open Office (OO pour les intimes) sous Windows sur sa machine.

Il est temps d’étendre un peu notre culture sur le logiciel libre. Son principe fondamental, est le libre accès au code source : le code informatique doit être aussi public que le théorème mathématique. L’informatique reposant sur du code propriétaire s’apparente à la magie : ça marche, mais il est interdit de savoir comment. On peut discuter du droit d’auteur, mais le droit à la dissimulation n’est pas porteur d’un développement stable et durable. Au-delà de l’accès au code source, l’interopérabilité des données doit désormais être un critère de choix pour le décideur local.

Open Office est un logiciel libre, sous Windows comme sous Linux : il diminue les coûts, les volumes utilisés sur le disque dur, il augmente la sécurité, supprime l’impossible gestion des licences, et assure contre les prochaines lubies de Microsoft. Distribuons des CD d’OO dans nos bibliothèques publiques ! et installons ces outils avec psychologie dans nos services publics. On ne supprime pas la suite office existante, on en ajoute une nouvelle sur la machine. Quelques mairies qui ont franchi le pas et se sont identifiées ici (entrer le mot mairie dans « chercher »).

Pour aller plus loin sur la question du logiciel libre, tout en restant au plus près des collectivités locales, il faut souligner le considérable travail d’ Adullact que nous vous invitons à soutenir et rejoindre.

Le contexte a beaucoup changé aussi sur le plan des accès à Internet. Cependant, la question des connexions soulevée dans l’Appel des Internautes Territoriaux a toujours une forte actualité par l’inégalité de l’accès au haut débit.

Faute de maîtrise juridique des infrastructures et de clarté des compétences par les collectivités locales, les territoires ruraux sont spoliés. [1]

Les politiques bougent trop lentement, c’est sûr. Et nous ? Est-ce que tous les agents territoriaux ont un courrier électronique ? combien d’agents font des mises en ligne dans mon service ? et qu’est-ce que je vais mettre d’utile dans la nouvelle rubrique Documents partagés d’AIT ?

Philippe BATREAU et Dominique FILATRE

[1Jusqu’à présent, ou vous aviez ADSL avec France Télécom ou vous l’aviez pas. Petit progrès avec le satellite : c’est devenu abordable pour une petite entreprise ou une mairie avec deux ou trois agents et une école (2 000 € d’installation, moins de 100 € par mois d’abonnement). Pour les habitants, c’est encore trop cher. Quant aux dossiers à déposer à l’ART pour distribuer Internet à la population : techniquement aucun problème, mais les agences indépendantes de l’Etat ne régulent plus rien, c’est le délire technocratique, le paravent de l’intermittence des responsabilités politiques.